La Maison Kirn, une histoire de transmission familiale

Maison Kirn, c'est une adresse à Strasbourg et une famille qui n'a jamais changé de métier.

Boucherie, charcuterie, traiteur : trois savoir-faire qu'on apprend l'un après l'autre, et qu'on se transmet en travaillant côte à côte. C'est comme ça que les recettes de la maison sont passées d'André Kirn, en 1904, jusqu'à nous.

Quatre générations se succèdent depuis 1904

Tout a commencé par une devanture étroite.

En 1904, André Kirn ouvre une charcuterie rue du Fossé-des-Tanneurs, à Strasbourg. Une vitrine, une porte, un nom peint sur le mur. Pas de réfrigération, pas de camion : on vend ce qu'on a fabriqué le matin, et les clients reviennent le lendemain.

Cent vingt ans plus tard, nous sommes toujours là. À 20 mètres de l'adresse d'origine, au 19 rue du 22 Novembre. Même famille, même métier.

Je m'appelle Philippe Kirn. Avec mon frère Patrick, nous sommes la quatrième génération.

De la rue du Fossé-des-Tanneurs à la rue du 22 Novembre : la Grande Percée

Kirn pendant la grande percée à Strasbourg
Maison Kirn Rue du 22 novembre
Maison Kirn en 1980

Une maison, un seul métier

Une maison, un seul métier

André Kirn se fait vite une réputation sur la charcuterie fine. Ses fils, André et Frédéric, reprennent le tablier et ouvrent des succursales dans les faubourgs de Strasbourg.

À la fin des années 30, la Grande Percée redessine le centre-ville. La maison déménage de quelques mètres et s'installe au 19 rue du 22 Novembre, dans l'immeuble d'angle dont l'enseigne verticale marquait le carrefour. Elle n'a plus jamais bougé.

Puis vient Jean-Paul, notre père. En 1978, il fait construire le laboratoire de charcuterie. En 1989, il transforme la boutique de la rue du 22 Novembre en maison gastronomique et pousse nos recettes bien au-delà de l'Alsace : elles ont été vendues chez Fauchon, Hédiard, Harrods à Londres, Dallmayr à Munich.

On ne choisit pas vraiment ce métier. On grandit dedans. On fait ses devoirs dans l'arrière-boutique, on apprend à ficeler un rôti avant d'apprendre à faire du vélo, et un jour on se retrouve derrière le comptoir.

Boucherie Kirn pendant l'évacuation de Strasbourg, 1939-1940

La ville vide

Sur cette photo, la rue est déserte. Ce sont des chats et des chiens abandonnés qui traversent la chaussée — leurs maîtres sont partis. Strasbourg a été évacuée, et la boucherie Kirn réquisitionnée.

L'équipe est là, en tablier, devant la boutique. Deux gendarmes à côté d'eux. Ils continuent à travailler dans une ville qu'on a vidée de ses habitants.

Nous gardons cette image en tête chaque fois qu'une année est difficile. La maison a traversé deux guerres, une évacuation, une réquisition et cinq ou six révolutions du commerce. Elle est encore ouverte.

Le comptoir

Équipe de la Maison Kirn derrière le comptoir, Strasbourg, années 1970

Cette photo date des années 1970. Une vingtaine de personnes derrière le comptoir, les jambons suspendus, les prix écrits à la main sur des étiquettes piquées dans la viande.

C'était déjà le même métier : conseiller, découper à la demande, connaître les gens par leur nom. Nous sommes moins nombreux aujourd'hui. Le comptoir, lui, n'a pas changé de fonction.

Sur cette photo, je suis à droite du comptoir, au coté de mes parents, en veste de travail. J'ai peut être 2 ans
et je viens donner un coup de main à mes parents.
Cinquante ans plus tard, je suis toujours du même côté du comptoir.

La boutique aujourd'hui

Aujourd'hui

Le comptoir de la rue du 22 Novembre. Le stand du Monoprix Neudorf. Les plats du jour livrés chaque matin dans Strasbourg. Et les colis frais qui partent partout en France, en 24 à 48 heures.

Le commerce de centre-ville a changé. Nous avons choisi de nous adapter plutôt que de fermer — sans rien toucher aux recettes ni aux fournisseurs.

Quatre générations, un billot, et l'idée qu'un bon produit se défend tout seul.

Poussez la porte. Ou commandez en ligne, on vous l'expédie.